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LA COMPTABILITE

Comme nous l'avons dit, le système monétaire en vigueur dans le pays de Liège au XVe siècle est le système mis en place par Charlemagne :
1 livre de Liège
= 20 aidans (patard)
= 240 soz (deniers)


Taux de change
Ce qui nous donne le taux de change suivant et avec toutes les appellations :

1 écu = 240 deniers
1 florin = 240 deniers
1 double gros = 24 deniers
1 double patard = 24 deniers
1 gros = 12 deniers
1 patard = 12 deniers
1 aidant = 12 deniers
1 gros blanc = 12 deniers
1 gros denier blanc = 12 deniers
1 demi gros = 6 deniers
1 demi aidant = 6 deniers
1 blanc = 6 deniers
1 brûlé = 4 deniers
1 demi blanc = 3 deniers
1 quart de gros = 3 deniers

Les Cris du Perron
Ceux qui, à la première lecture, arrivent à saisir la complexité du système sont gâtés par Dame Nature. Sinon, ne vous affolez pas, vous êtes dans la norme. Mais là où la cafetière entre en ébullition, c'est quand on imagine Liège au centre de l'Europe médiévale.

 
 
Liège est un carrefour commercial soutenu par la France, sur lequel lorgent les ducs de Bourgogne, et lié au Saint Empire germanique.
Imaginez ces marchands qui affluent quotidiennement des quatre horizons avec dans leurs bourses les monnaies de leurs seigneurs, villes ou contrées.

Pour contrôler cette masse monétaire divisionnaire, les liégeois éditent les "Cris du Perron" qui émanent de la Souveraine Justice des Echevins de Liège. Ce tribunal est chargé de contrôler, autoriser et communiquer le nom des monnaies qui peuvent circuler dans le pays et à quel taux.

C'est ainsi que les monnaies suivantes ont cours à Liège : monnaies d'or et d'argent de Namur, du Brabant, de Flandres, du Hainaut, d'Utrecht, de Bavière, de Gueldre, de Juliers, de Cologne, de Bourgogne, de Luxembourg, d'Espagne, d'Angleterre, d'Autriche et du Portugal.

On saisit mieus pourquoi on se référait à la couleur de la pièce (noir, blanc, argent ou... ocre jaune), à sa taille et enfin à son dessin.
   
     
 
 
 
LA FABRICATION

Fabriquer les coins
A Liège, seul le prince évêque à le droit de frapper monnaie. Lorsqu'il décide de créer une nouvelle monnaie, c'est au maître-graveur, issu du métier des Orfèvres, de dessiner la nouvelle pièce. Sous les auspices du Chapitre, il grave en relief, et séparément, les différentes parties du sujet sur des poinçons : lettres, sigles, ornements, figures. Puis il fixe ces poinçons dans un morceau de fer revêtu d'acier doux, le coin.

Comme une pièce à deux faces, il faut deux coins : la pile et le trousseau. La pile est le coin fixé sur un billot de bois (ou coin dormant) sur lequel est gravé l'avers de la pièce. Le trousseau reçoit le revers.

Préparer les flans
La quantité de métal voule est acheminée sous bonne escorte jusqu'à l'atelier monétaire désigné. A Liège, il n'y a pas de monnaie d'or. Seuls l'argent et le cuivre sont utilisés.

Les lingots d'argent sont fondus et convertis en flans. Le flan est une pièce de monnaie sans dessin. Ces flans sont taillés et pesés avant d'être frappés par le coin monétaire.

Les ateliers avaient, par ordonnance de l'évêque, une marge de tolérance pour la taille et le titre.
 
La taille est le nombre de pièces que l'on peut tirer d'un marc (bloc de métal raffiné de 244,7g) et le titre (ou aloi) est la proportion de métal précieux entrant dans un alliage. Il était courant que ces ateliers rognent au maximum les quantités de métal précieux de manière à augmenter les bénéfices.

Coins et flans prêts, on passe à la frappe.

Frapper la monnaie
La monnaie est frappée à froid. On fixe le coin dormant sur un billot de bois. Le flan est déposé sur ce coin. Le trousseau dans une main, une masse dans l'autre, un seul et unique coup bien ajusté... la pièce est marquée.
 
Peinture murale de la cathédrale Sainte Barbe de Kutna Hora en Tchèquie (1463)