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Les légats pontificaux
 

Pour comprendre l'action de ces personnages sur Liège, nous remontons le 29 octobre 1461.

Ce jour-là, le jeune prince évêque de Liège jette l'interdit sur la Cité et le comté de Looz sous prétexte que des clercs et des prêtres ont été condamnés par des juges laïques.

 
 
Le 19 décembre, c'est au tour de l'Archevêque de Cologne, le chef du prince-évêque de Liège, d'entrer en jeu. Il lève l'interdit.

Le 20 janvier 1462, c'est l'échec de la conférence de Maastricht qui devait rendre la paix à la principauté.

Quelques mois plus tard, le 1er mai 1462, une Bulle du pape Pie II confirme l'interdit levé par l'archevêque de Cologne un peu plus de cinq mois plus tôt.

Le 13 septembre, Louis de Bourbon remet une couche et lance un nouvel interdit qui suspend la justice à Liège.

En mars 1463, une ambassade française tente de réconcilier le prince et son peuple. Nouvel échec. Voilà 18 mois que l'interdit paralyse le pays de Liège.

Devant l'impasse, le pape Pie II décide d'envoyer à Liège l'un de ses meilleurs négociateur.

Voici qu'entrent en scène les légats pontificaux.

Le 31 mars 1463, le légat pontifical Pietro Ferrici accompagné de l'évêque de Tricaria, Onofrio de Sancta-Croce sont accueilli par les officiels de la ville de Liège.
     

Deux mois plus tard, le 30 mai, suite à d'âpres néociations, il suspend l'interdit et obtient la rentrée du prince et le rétablissement du cours de la Justice.

Le calme revient dans la cité.

Le 26 juin 1463, à peine de retour dans la Cité, Louis de Bourbon reprend le chemin de l'étranger et l'interdit rentre en vigueur.

Plus d'un an après, le 10 septembre 1464, le légat pontifical reconfirme l'interdit et excommunie Raes de Heers, Baré Surlet, Jean Heylman et huit échevins. Deux semaines plus tard, Louis de Bourbon suspend, pour la troisième fois, le cours de la justice.

Le 5 mars 1465, après 40 mois à subir l'interdit, le pape Paul II suspend la sanction pour quatre mois. Les liégeois peuvent enfin se marier, bénir leurs enfants, communier et enterrer leurs morts dignement.

Cette histoire digne d'un roman-fleuve débouchera en été 1465, soit à la reprise de l'interdit papal, à la guerre entre Liège et la Bourgogne.

JF Demoulin - 2011
 
C'est quoi l'interdit ?

L'interdit est une sanction pénale appartenant, avec l' excom-munication et la suspense, à la catégorie des censures ou peines médicinales. Il était autrefois considéré comme une peine expiatoire.

Elle peut être portée par le pape ou un évêque et a pour effet, jusqu'à son absolution, la privation des biens spirituels : offices divins, sépulture en terre consacrée, sacrements.

On distingue :
- L'interdit local, pesant contre une église, une paroisse, un diocèse, une communauté religieuse, voire un pays entier ; Maintenu dans le Code de droit canonique de 1917, il disparaît dans celui de 1983.
- L'interdit personnel, pesant contre un fidèle, qu'il soit clerc ou laïc, ou un groupe de fidèles.

Source Wikipedia