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« Et quant ainsy ne se feroit, veu que de présent 
»  la guerre cesse par deçà, et qu'il y a appoinctemens
»  entre nous et les dessus dits,  seroit à doubter que
»  grosse armée et puissance de gens tombast sur
»  vostre paiis,  dont graves inconvéniens pourroient
»  ensuire et à quoi seroit difficile chose à vous de  
»  résister et à nous de vous secourir » (6).

On fut bientôt édifié à Liège sur la valeur de ses paroles royales. Louis XI mentait : les Liége n'étaient pas compris dans la paix, et l'allié qui avait juré de ne pas traiter avec le duc sans eux les livrait cyniquement à leur mortel ennemi.
Une terreur folle se répandit dans la Cité désormais vouée à la mort. Maudite par le Souverain Pontife, en révolte contre son prince légitime, désavouée par le chef même qu'elle avait mis à sa tête, abandonnée par tous ses alliés à la seule exception de Tongres, trahie par le roi en qui elle avait eu une aveugle confiance, menacée par un ennemi victorieux et irrité, la Cité eut conscience

 

subitement de son effroyable situation et, par l'intermédiaire des comtes de Meurs et de Homes, elle fit demander une trêve au duc.

Elle ne l'obtint qu'à la condition de se soumettre au pape, d'observer l'interdit et de reconnaître l'autorité de Louis de Bourbon. Les Liégeois, naturellement, se résignèrent à ces conditions préalables (7), puis se mirent à négocier d'une part avec le prince, de l'autre avec le duc de Bourgogne et avec son fils le comte de Charolais.


(1) Henrard, p. 17, dit, au contraire, que Raze partit avec 4.000 hommes et que le Bourguignon n'en avait que 1.800.

(2 ) Theodoricus Pauli, p. 192.

(3 ) Adrien, p. 126; Jean de Looz, p, 29; Th. Pauli, p. 193. Adrien de Budt ( de Ram, p. 363). Le Livre des trahisons de France envers la maison de Bourgogne. p. 251; De C lercq, livre 5, ch. 51, cité par Henrard; Thomas Bastin, t. Il, p. 133, qui porte à 2.500 hommes les pertes des Liégeois.

(4 ) Adrien, p. 127.

(5 ) Traité de Conflans du 5 octobre 1465. En voir le texte dans le Comines de Lenglet~Dufresnoy. t. Il, p. 501. 

(6 ) Vaesen et Charavay, Lettres de Louis XI, t. III, p. 2, lettre du 21 Octobre 1465.

(7 )  V. l'acte du 12 novembre dans Gacbard, Collection, t. Il, p. 238,