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et avettes, lesquels dépendent du métier des ferwiers : idem de ceux qui travailleront dans les cotillages et dans les houblonneries d'autrui (jardiniers et horticulteurs) ; item de ceux qui vendent ails, fèves de Rome, vin du pays, vinaigre, raisins frais, romarin, melons, concombres et toutes sortes d'herbes et fruits provenant du cotillage et du jardinage ; item de ceux qui vendent le croît de leur jardin ou cotillage; item de ceux qui nourrissent bêtes à cornes au moyen de ces produits; item de ceux qui vendent le lait ».

C'est maintenant chose connue que les boulangers avaient des pourceaux chez eux. Mais si leur « élevage » avait soulevé des protestations pour des raisons d'hygiène, il n'en fut pas de même pour la viande que les vignerons avaient le privilège de vendre. Ce commerce amena les bouchers à protester très souvent contre le métier des vignerons. Les mangons voyaient d'un mauvais oeil la concurrence qu'exerçait à leur égard les vignerons mais une réglementation existait : « Toute bête destinée à la boucherie et que les vignerons voudront abattre en leur halle, devra avoir été nourrie par eux au moins pendant quarante jours. Il en sera de même pour le bétail rendu vivant. Il est défendu aux confrères d'acheter du bétail appartenant aux mangons ou bouchers pour l'abattre à moins qu'ils ne continuent à les engraisser pendant au moins trois mois ».

On a cultivé la vigne dès le VIIème siècle sur les bords de la Meuse, surtout sur la rive gauche, celle qui a la meilleure exposition au soleil.
On a des traces de l'existence de vignes à Amay en 634, à Liège et à Huy en 830. A Liège on retrouve de nombreuses traces toponymiques : rue des Vignerons, des Vignes, impasse de la vignette... Cependant, les vignes ont connu un déclin important. Ce qui explique que les cultivateurs et propriétaires de vignes aient progressivement cédé la place aux maraîchers.

Mais voici de façon beaucoup plus précise la liste de ceux qui pouvaient faire partie du métier des vignerons : « Devront acquérir le Bon Métier ceux qui remueront, fouilleront, retourneront et laboureront la terre avec une bêche, une houe ou autres instruments pour semer et faire porter toutes sortes d'herbages, fleurs, arbres, haies et verdures, à l'exception de l'épeautre, froment, orge, pois, vesces, féverolles



 

Tout comme les autres métiers, une partie du bâtiment devait être mise en location, le métier ne conservant qu'une salle, un cellier (pour entreposer le vin), une cave et un puits. Chose rare, la halle resta propriété du métier des vignerons jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Il y a quelques centaines d'années d'ici, les propriétaires récoltants du quartier venaient faire pressurer leurs vendanges dans une maison enseignée « Maison de la Vignette » qui a d'ailleurs donné son nom à l'impasse.
En empruntant cette impasse, on arrivait tout droit aux coteaux des vignes.

© J.Maréchal - Pixures