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Les corroyeurs, mégissiers et maroquiniers devaient également faire partie du métier.

Le fait que les tanneurs aient eu besoin d'avoir un moulin en commun pour pouvoir travailler, explique que très tôt ils ont pu former une corporation avec des compagnons et des représentants du métier (1288).
Six mois après la Paix de Geneffe (ou de Vottem), les tanneurs obtinrent une chartre constitutive de leur métier.
C'est le règlement du 29 décembre 1418 qui fut considéré comme le plus important. Pour pouvoir bénéficier des services de la Halle ainsi que de celui du moulin à tan (quartier de Longdoz), les compagnons devaient habiter en un quartier bien déterminé.
Associés en 1288 pour louer ensemble un moulin situé dans le quartier de Longdoz, les tanneurs y réalisaient la mouture de leur écorce. Voici quelques articles du règlement concernant ce Moulin aux Ecorces : «On devra faire moudre les écorces au moulin appartenant au bon métier, et non ailleurs, sauf quelque fortune d'eau (inondation) ou de feu (incendie) ou quelque autre accident. Chacun devra faire moudre à son tour et celui qui laissera passer son tour, devra attendre qu'il revienne, le mois suivant. On ne pourra faire faire plus de 12 moutures par an.

La mouture devait produire 28 sacs. Si, par aventure, elle en produisait

C'est en 1213 qu'ils sont mentionnés pour la première fois à l'occasion de la warde de Steppes où ils luttèrent à côté des bouchers et des houilleurs sous la bannière du comte de Looz. Les tanneurs sont certainement un des plus anciens métiers de la Cité. C'était aussi un des plus réputés. Ne lit-on pas dans «Les Délices du Pays de Liège» : «A quelle nation le cuir de Liège est-il inconnu ? Qui dit "cuir de Liège" dit tout ce que l'on peut imaginer de meilleur en son genre». Installés au quai des Tanneurs, on peut encore en voir des traces de nos jours dans la rue des Tanneurs, au n° 35. La façade porte l'inscription suivante : «Cette place appartient au bon métier des tanneurs - l'an 1452». Jusqu'à la seconde moitié du XIXème siècle, le bâtiment servi d'entrepôt aux écorces de chêne dont on tirait le tan. Le métier des tanneurs comprenait les propriétaires de tanneries et tous les travailleurs qui s'occupaient de préparer les cuirs avec le tan pour les rendre plus solides, imperméables et imputrescibles.



 

davantage, les Wardeurs veilleraient à ce que l'excédent ne puisse sortir du moulin et ils en avertiraient le Gouverneur, s'ils estimaient qu'il y a eu tentative de fraude. On ne pourra prêter plus de quatre seichées (contenu d'un sac) de tan, à son confrère qui sera tenu de restituer le prêt dès sa plus proche moulnée. II est interdit de faire circuler des écorces, soit par eau, soit par terre, nuitamment ou à une heure indue, laquelle est spécifiée, de Pâques jusqu'à la Saint Remy avant 4 heures du matin ou après 9 heures du soir; et de la Saint Remy à Pâques, avant 7 heures du matin ou après 6 heures du soir. II est interdit de vendre du tan à l'étranger. Enfin, toute écorce confisquée sera vendue publiquement au plus offrant et par lots de 4 sacs».

 

Les tanneurs étaient tenus, sous peine de sanctions, de faire apposer une marque de fabrique qui consistait en deux initiales.
Toujours dans le but d'éviter la concurrence déloyale le tanneur ne pouvait posséder qu'un seul acheteur lequel devait rester en fonctions pendant toute l'année, sauf «en cas de maladie qui trame en longueur, d'emprisonnement ou de lointain voyage» ajoute le règlement.
Les tanneurs possédaient bien plus qu'une halle et un moulin à eau au XIVème siècle. Ils avaient aussi le moulin à farine de Pillechoule qui reliait le moulin à tan aux places de Gravioule de situation intéressante vu la foire du mois de novembre. Les tanneurs eurent aussi des conflits avec les meuniers et les mangons et au sujet du moulin de Pillechoule. S. Bormans ne répertorie pas moins de 250 procès qu'entreprirent ou qu'eurent à soutenir les tanneurs en l'espace de 120 années, ce qui est tout de même énorme.

 
© J.Maréchal - Pixures