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Il n'en reste pas moins vrai que la collaboration s'avéra bonne entre les deux métiers, ce qui leur permit d'éviter de se ruiner avec des procès coûteux comme ce fut le cas avec les fèvres, pour ne citer qu'eux.
Evidemment, le vin venait particulièrement de l'étranger mais les cuveliers étaient soucieux de protéger le leur. Des endroits précis leur étaient assignés pour l'achat du vin étranger qu'il vienne par eau ou par chariot. Les vins placés en cellier en aval de Liège devaient d'abord être soumis au Reward avant d'être donnés à débiter ou en dégustation. Ces vins étrangers ainsi contrôlés devaient être mis en vente publique de façon démocratique. Un coup de cloche «à l'église de Liège» annonçait qu'on pouvait commencer à débiter le vin par petite quantité et «à main ferme».

Le cuvelier ne pouvait faire de la camelote. Ses tonneaux devaient absolument être construits avec un bois de qualité suffisante, le fût étant déterminant pour un bon mûrissement du vin en cellier. Un article du règlement prévoyait que le cuvelier ne pouvait construire ses tonneaux « avec du bois trop tendre ». Mais le régime était tout aussi sévère en ce qui concernait les tonneaux achetés à l'extérieur. Le cuvelier prenait un risque énorme en achetant ses tonneaux à des fabricants étrangers à la Cité : le tonneau était alors confisqué et brûlé en public sur la place du Marché.

Les cuveliers fabriquaient des tonneaux, vendaient du vin, tenaient des cabarets, tandis que les sclaideurs déchargeaient et embouteillaient les liqueurs. Qui dit cuvelier dit évidemment fabricant de cuves, le terme étant très clair. Il l'est moins pour « sclaideur ». Le mot sclaideur, qui signifiait généralement déchargeurs de vins dans les celliers, vient de esclaide, char à patin sur lequel on mène la herse, le purin, les tonneaux, etc. On percevait en plusieurs endroits un impôt nommé «esclaide» sur les vins et marchandises transportées par charrettes ou par traîneaux. Dès le XIIIème siècle, une rue du quartier de Souverain-Pont portait le nom de Sclaidoirue.

Faisaient également partie du métier les tourneurs et les fûtailliers. Ces derniers étaient en même temps membres du métier des charliers. Ce n'était pas forcément un avantage puisque pour fabriquer et pour vendre de la fûtaillerie ou des objets faits au tour, les membres devaient acquitter un droit à chacun des deux métiers !



 

Les cuveliers devaient respecter une contenance réglementaire pour les barils et même si un baril était abîmé, le cuvelier ne pouvait retravailler les cerceaux, disait le règlement, « ce sont ces cercles qui en assurent le diamètre ».

Il arrivait qu'au cours d'une assemblée mouvementée, des compagnons se laissent aller et profèrent des injures. Le Tribunal des Officiers intervenait s'il n'y avait pas de « de sang coulant ». Si les faits étaient plus graves, c'est-à-dire s'il y avait « atteinte à l'honneur, blessure ou plaie ouverte », le compagnon était convoqué devant une cour criminelle ordinaire. Il était alors condamné à la petite amende puis à la grande s'il n'avait pas acquitté la première. Si le compagnon s'obstinait à ne pas payer, il n'allait pas forcément en prison mais ses biens étaient saisis et mis en vente publique. Il avait ainsi toutes les chances de pouvoir les récupérer auprès des Lombards.