Vous êtes ici : Le 15ème siècle > Les 32 métiers de Liège > Scailleteurs   <<< Retour  

 

Ed. Poncelet cite un extrait de la Chronique de l'abbaye de Saint-Trond qui nous donne des indications : «En 1156, le feu dévora une grande partie du monastère de Saint-Trond dont les toits étaient recouverts en partie de plomb, de bois et de paille. L'année suivante l'abbé Wiric et les moines entreprirent la reconstruction de leur maison. L'aile joignant au chœur et à tour fut recouverte d'une matière nouvelle et inusitée dans nos pays jusqu'à cette époque, excellente contre la combustion à savoir de pierres coupées en lames minces».
Les couvreurs furent d'abord appelés scailleteurs à cause de l'analogie qui existe entre les écailles de poisson et un toit d'ardoises (du mot latin scalia, écaille). Ce n'est que plus tard que le mot ardoise apparut chez nous.
Les ardoises provenaient de Fumay. II y avait à cela deux raisons. La première, c'est qu'elles étaient les meilleures de la région. La deuxième raison, c'est que leur transport s'effectuait par la Meuse depuis Fumay jusqu'à Liège sans interruption ni obstacle. C'était donc l'acheminement le plus aisé et le moins onéreux. Arrivées à destination, les ardoises étaient comptées par un Compteur d'escailles.

II avait pour mission d'écarter les ardoises rompues, fendues ou celles dont les dimensions n'étaient pas réglementaires.

D'après les sources dont on dispose, l'utilisation de l'ardoise pour recouvrir les toits daterait du XIIème siècle. Avant cette époque on utilisait des petites plaques de bois, du chaume ou des feuilles de plomb. Au XVème siècle, on utilisait toujours le chaume pour recouvrir les toits mais on ne retrouve nulle part mention du métier auquel les travailleurs du chaume auraient pu appartenir.

«Devra acquérir le métier quiconque voudra couvrir toit d'escailles (ardoises; soit à clous, soit à mortier, souder buzes (tuyau) de plomb, vendre à la menue main, compter escailles hors des pontons, et acheter escailles pour les revendre». Autrement dit, les couvreurs devaient savoir faire plus que mettre les ardoises, ils devaient aussi avoir de solides notions de plomberie. Le métier choisissait des Rewards qui devaient toujours être à trois pour faire des visites de contrôle au domicile des compagnons. Ils vérifiaient ainsi les règles d'art du travail des scailleteurs et si ceux-ci avaient rempli certaines conditions.



 

Dans ces cas, le compteur d'escailles ne devait même pas autoriser le déchargement des mauvaises marchandises. Son salaire était fixé en fonction de la dimension des escailles qu'il vérifiait et chaque année, son emploi était mis en adjudication.

II était impossible à l'époque d'accomplir des grands travaux en peu de temps vu l'aspect artisanal du travail. Aussi n'était-il pas rare de voir les artisans disposer d'un lit pendant la durée de leur travail. C'est ainsi que le curé de Tilleur dut fournir un lit dans l'église au couvreur qui travaillait au clocher de l'église.
La maison des couvreurs était la même que celle des maçons la maison Belle-Côte en Féronstrée.