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Célèbres au début de ce siècle pour leur tressage de chapeaux de pailles, les villages cités étaient déjà réputés au XVème siècle pour leur savoir-faire.

«On ne pourra tondre que sur une seule table», dit le règlement, afin d'éviter que des compagnons ne monopolisent le travail. Un autre règlement eut plus de peine à se faire respecter. «Nul ne pourra tondre à la chandelle ni à la clarté du foyer sous peine d'une suspension de deux ans». II apparaît que le règlement est insuffisant. La peine est portée à trois ans. Toujours aucun résultat. II reste alors à fixer la durée de la journée de travail qui, chose qui peut paraître étonnante à l'heure actuelle, changeait selon les mois : du 1er septembre au 1er novembre, de 6 h. du matin à 6 h. du soir; du 1er novembre au 1er février, de 7 à 5 h. ; du 1er février au 1er avril, de 6 à 6 h. ; enfin, du 1er avril au 1er septembre, de 5 à 8 h. Bref, des journées qui n'étaient pas de tout repos et pourtant, ces heures là étaient limitées !
Afin d'éviter la concurrence malhonnête, les retondeurs étaient tenus «de ne pas faire marché avec les halliers, drapiers ou teinturiers pour obtenir de l'ouvrage au détriment des confrères».

Les retondeurs comprenaient les retondeurs proprement dits, les remouleurs, les banseliers et les maîtres de verrerie. Les retondeurs étaient chargés de l'embellissement des draps et des pièces d'étoffe. Les remouleurs travaillaient à la meule. Les banseliers fabriquaient des «banses», c'est-à-dire que c'était des vanniers. Les maîtres de verrerie étaient occupés au recouvrement des bouteilles par l'osier.
De même que dans d'autres métiers, les retondeurs avaient la Grande Rate et la Petite.
Les retondeurs et les remouleurs pouvaient acquérir la première tandis que la seconde était accessible aux vanniers qui fabriquaient «objets en osier, mannes, paniers, claies, nasses de pêcheurs, stocques de brasseurs, fonds de chaises et ruches».

Le règlement du 3 juillet 1453 est intéressant car il mentionne que peuvent faire partie du métier «ceux des villages de Wonck, Bassenge, Roclenge, Glons et Emael».



 
En 1434 fut créée la Compagnie des Dix Hommes. Se réunissant le plus souvent à la halle des tanneurs, les dix hommes délégués par chacun des métiers avaient dû jurer «de servir et de défendre le maïeur et la République». Les dix hommes du métier des retondeurs se réunissaient le jour de l'Epiphanie pour un banquet chez les gouverneurs et jurés. De même qu'un règlement essayait de limiter le franc-parler des porteurs de sac quand ils livraient à domicile, un règlement avait été institué pour punir les incorrections qui auraient pu avoir lieu au cours des libations : «Si pendant que le métier est assemblé, un officier s'avisait de faire quelque injure publique il serait aussitôt jugé par sept de ses pairs choisis tant parmi les officiers en fonction que parmi les anciens officiers». On pouvait boire, rigoler et plaisanter mais dans les limites de la décence. II semble d'ailleurs que ce règlement-ci ait dû être appliqué à d'autres métiers qui commirent des excès pendant leurs libations traditionnelles.   C'est le règlement de 1459 qui attribue comme lieu de réunion le couvent des Frères Mineurs. Début XVIIème siècle, un local sistué au-dessus de la porte de Vivegnis fut acquis. II servit de lieu de réunion mais il fut souvent occupé par les soldats ou par des prisonniers y placés par le Conseil de la Cité. Le bâtiment servit de corps de garde et de maison de retraite à de pauvres gens qui ne payaient rien pour leur hébergement.
© J.Maréchal - Pixures