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Un surplus était conservé pour alimenter la caisse du métier puis de nouveau s'il y avait un excédent, l'argent était redistribué aux compagnons du métier.

«Grossier comme un porteur de sacs» C'est un dicton qui courait à l'époque. Etait-il vrai ? Il est difficile à vérifier mais on peut toujours se dire, au vu des règlements, qu'il n'y a pas de fumée sans feu : «II est défendu de s'injurier et de se traiter de jean-foutes, bègues-foutus et larrons et de manquer de respect aux dames comme aux servantes en les traitant de charognes, puttaines et bougresses.

Il est interdit de blasphémer exécrablement par la Mort Dieu, par la tête et les plaies d'iceluy ; de frapper, battre, jeter ou heurter un confrère en la maison des porteurs, de rompre les voirières, fenêtres et parois dans et à l'entour de la dite maison; de férir, battre et quereller en présence des officiers et confrères lorsque le métier est assemblé pour se recréer; de manquer de respect aux Gouverneurs sous peine pour la première fois d'une suspension d'un mois; pour la seconde, d'une suspension du double et en cas de récidive de suspension à perpétuité; de déchirer, rompre et maculer les dits articles ou tableaux sous peine d'une amende d'un angelot d'or. Après s'être injuriés, les porteurs seront suspendus jusqu'à ce qu'ils soient réconciliés».

Un élément a contribué à développer ce métier : le transport par eau. De nombreux bateaux devaient s'arrêter à Liège, de même qu'à Huy ou à Maestricht, si on tient compte du nombre de porteurs.

«Seuls les porteurs pourront porter, toutefois le bourgeois pourra porter ou faire porter par les membres de sa famille pain, sel, colza et autres denrées du Bon Métier si elles sont destinées à ses provisions personnelles. Il en est de même pour les brasseurs, revendeurs et recoupeurs. Quant aux boulangers, ils pourront charger le meunier de transporter leur blé au moulin mais il leur est interdit d'effectuer personnellement ce transport. De toute façon, ils devront s'adresser aux porteurs pour porter le grain dans leur grenier».

Le travail était organisé de telle sorte que le fruit de la journée était réparti entre les travailleurs et les compagnons infirmes.



 
© J.Maréchal - Pixures
Les porteurs de sacs n'étaient pas les seuls à exercer ce métier à Liège, il y avait trois compagnies concurrentes. Les porteurs de foin, les porteurs au fer et la compagnie Notre-Dame et sainte Catherine des Bouteux-fou. La première compagnie comme son nom l'indique était chargée du transpor1 des foins arrivant à Liège pour les marchands, le foin destiné aux particuliers étant destiné au métier.    

Celui qui pouvait porter un paquet de foin de 66 livres et demi du rivage de Sur-Meuse à la porte du Palais sans se reposer avait accompli là son chef d'œuvre. Les porteurs de fer déchargeaient et transportaient le fer en barres et en verges. Le chef d'œuvre à accomplir était de tirer une pièce de fer de 100 livres hors d'un bateau, à la baille de fer de la Ribuée. Les membres de la dernière compagnie étaient chargés eux de tirer et porter hors des pontons, barques et bateaux, toutes sortes de charges non dépendantes du métier des porteurs de sacs. Ils devaient faire partie du métier des naiveurs.