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Ses robes étaient de camelin ou de drap bleu; les bordures de ses couvertures et de ses robes étaient des fourrures de daim ou de lièvre ou d'agneau». Mais la mode pouvait déjà à cette époque atteindre le ridicule ainsi que le mentionne Ed. Poncelet : «Les pelleteries qui, au XIIIème siècle, avaient été le monopole des rois et des riches seigneurs, tombèrent dans le domaine public au XVème siècle et la mode en alla jusqu'au ridicule; on en arriva à fourrer tous les habits d'hommes et de femmes: houppelandes, manteaux, jupes, robes, chapeaux. Les testaments des bourgeois et bourgeoises de Liège sont instructifs à cet égard: on en trouve faisant mention spécifique de cinq ou six habits ou robes de fourrures». On ne sait pas si les fourrures étaient portées en été. Ce que l'on sait c'est que les gens de modeste condition ne garnissaient pas leurs vêtements de fourrures pour la simple raison qu ils n'en avaient pas les moyens. C'est la soie, le velours ou le drap qui leur servait de doublure.

De même que pour les couturiers et les tailleurs, les pelletiers avaient des obligations professionnelles qui les obligeaient à fournir un travail de qualité. Un client avait parfaitement le droit de venir se plaindre d'une ou l'autre malfaçon. C'est le varlet sermenté qui était chargé de désigner à l'ouvrier les rectifications à apporter à son travail.

Ce métier, un des plus riches et un des plus prestigieux, était aussi appelé le métier des vairs-cohiers. Au XIIIème siècle, on appelait les pelletiers des «scohiers». D'où venait ce mot ? Tout simplement du mot «scos» qui signifie peau enlevée de la bête. L'appellation «vair-scohier» a commencé à être utilisée lorsque la fourrure de vair a été introduite (Le vair est bien connu par l'histoire de Cendrillon et son soulier qu'elle perdit au bal). La peau de cet animal des pays froids était très belle: à dos gris et ventre blanc. C'est lui que l'on retrouve sur le blason du métier.

Le vair était, au XIIIème siècle, considérée comme une fourrure de luxe. G. Mailhard de la Couture nous en donne des indications dans son Histoire de saint Louis : «Après que le roi (saint Louis) fut revenu d'outre-mer, il se conduisit si dévotement que jamais il ne porta de menu vair ni de petit gris, ni d'écarlate, ni d'éperons dorés.



 

Une fois les fourrures achetées, on ne pouvait les revendre, « à Maestricht, à Cologne ou à Francfort ou ailleurs, car il importe, dit le règlement, que nos bourgeois soient toujours servis ».

Le métier des pelletiers était l'un des plus riche. Cela s'explique aussi bien par l'engouement que les gens avaient à cette époque pour la fourrure que par la clientèle aisée dont les pelletiers disposaient.
C'est ainsi que les pelletiers disposaient de plusieurs halles dans lesquelles ils rangeaient leurs fourrures non sans avoir auparavant déposé des aromates et des parfums qui furent sans aucun doute les premiers antimites. Les halles des pelletiers étaient situées sur le Marché. Cependant les pelletiers allaient abandonner le rangement des fourrures dans les halles. Au XVIèmesiècle, on ne trouve plus traces de leurs locaux. Autre signe de richesse et de prestige, les pelletiers avaient le droit d'élire un estimateur qui était sans doute l'équivalent de notre huissier. Son rôle était d'évaluer les biens immobiliers, les objets appartenant à des orphelins, légataires et autres bourgeois qui se vendaient en public au plus offrant, en salle de vente, dirions-nous aujourd'hui.

   
 
© J.Maréchal - Pixures