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disperser à perdition afin d'empêcher son voisin de moudre. Lorsque son moulin sera au repos, il ne pourra tenir les vannes fermées en amont ni en aval car il faut que l'eau puisse suivre son cours naturel».

Il y avait très peu de moulins à vent dans la région, par contre, de très nombreux moulins à eau jalonnaient les fleuves et rivières, ce qui nécessita une division géographique du métier en cinq sections : section de la Meuse (surtout au bras du fleuve, au Pont-Mousset...), de l'Ourthe (en1455, il y avait 34 moulins ou roues d'usines entraînés par l'Ourthe et ses embranchements), de la Légia (moulins de Braz, des Bons-Enfants, de Pailhy, de Coretmolin, de Doufloxhe, de saint Laurent et le moulin aux tripes derrière Mangonie), de Herstal et enfin de Hollogne, Jemeppe, Ougrée et Villencourt. De même que pour les cherwiers situés en dehors de la Cité administrative et politique, certains propriétaires de moulins pouvaient se faire inscrire au métier des meuniers de Liège et de nouveau, s'ils voulaient jouir de privilèges, ils devaient se soumettre aux statuts de la corporation.

Parmi les obligations professionnelles des meuniers on relève des articles intéressants comme celui-ci par exemple : « Le meunier ne pourra prêter à un boulanger ou à un brasseur, ni argent, ni son cheval, ce qui pourrait

Avant la révolution française, le meunier se faisait payer de la manière suivante : il donnait de la farine moins la quantité jugée équivalente au coût de l'intervention. Le 8 novembre 1441, le métier des meuniers adressa une pétition au chapitre de saint Lambert à Liège pour obtenir le réajustement de ses tarifs de mouture en fonction du coût réel de la vie. Etaient-ils vraiment malhonnêtes ? Nous ne le saurons jamais mais ce dont nous sommes sûrs c'est que les meuniers disposaient de moulins dont quelques-uns en commun avec les brasseurs et qu'il y eut des problèmes d'eau. On imagine aisément les scènes opposant des tanneurs, des houilleurs, des fèvres ou des brasseurs aux meuniers, les premiers accusant les derniers de saboter leur travail en ne respectant pas le niveau de l'eau par exemple.

C'est sans doute pour cette raison que l'on trouve le règlement suivant : « Le meunier occupé à moudre ne pourra tirer les vannes fermées en aval de son moulin, ni laisser couler l'eau et la


 

 

créer, pour l'emprunteur une obligation tout au moins morale de faire travailler ce moulin plutôt qu'un autre. Il ne pourra aller chercher à domicile le grain à moudre pour la même raison ; mais il sera tenu de moudre le grain qu'on lui apportera à moins toutefois que son moulin soit rompu par accident ». Rien d'étonnant à ces principes qui une fois de plus tenaient à renforcer la solidarité entre compagnons. Les meuniers n'avaient-il pas aussi édicté un règlement afin que «le pauvre puisse vivre avec le riche et qu'il ne soit du riche oppressé».

 

L'apprentissage était également absent. Les rapports entre ouvriers et patron étaient réglés par un contrat oral. Mais il existait une forme de chômage partiel.

Au début, les travailleurs des meuneries étaient protégés par contrat, le plus souvent verbal, sous la sauvegarde du conseil des Métiers (statuts du 21 avril 1544). Au XVème siècle, les ouvriers participaient aux bénéfices de la meunerie mais plus tard, les ouvriers furent employés à l'année et même à la journée, ce qui augmenta évidemment le chômage.
C'est en Féronstrée que se situait la maison des meuneries appelée « le Lion d'Or ». Elle fut détruite en 1468 lors du sac de Liège et fut reconstruite en 1684. Les meuniers s'y réunirent jusqu'en 1685.

Un petit moulin à main
© J.Maréchal - Pixures
 
D'une structure sociale simple, le métier des meuniers avait cependant sa catégorie de travailleurs défavorisés. Non pas que les travailleurs ne pouvaient acquérir le métier à un prix exorbitant, au contraire, celui-ci était fixé en fonction de leur classe sociale et de leurs revenus.