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poix, alun, bois de Brésil en n'oubliant pas la quincaillerie c'est-à-dire les objets en cuivre, étain, fer blanc, les miroirs, lunettes, aiguilles, épingles, couteaux, ciseaux, rasoirs, dagues, armes, etc.; des objets en cuir comme coffrets, ceintures, courroies, peaux de mouton, cuirs de maroquin, pots, bouteilles et seaux de cuir, gaines et gants, bourses, etc. ; enfin, nous avons aussi les articles de bureau tels l'encre, le papier, les plumes à écrire, etc.

La faculté qu'avaient les merciers de vendre ces objets sans forcément les fabriquer peut s'expliquer par le fait que leur caractéristique principale était de revendre après transformation les objets fabriqués et vendus une première fois soit par les autres métiers de la ville, soit par des étrangers. Un bel exemple de cette pratique nous est fourni par un règlement concernant les gainiers
«Les gainiers et les Cofferins ne pourront fourrer papier ou autres faussetés dedans ». Ils pourront vendre dagues, couteaux et autres qui seront dans leur gaine ou leur fourreau, mais pour ne pas faire de tort aux fèvres et les drapiers.
Ils furent parmi les premiers à reconstruire leur maison d'assemblée après la mise à sac de Liège en 1476. Les merciers formaient une excellente milice et ils furent très souvent sollicités pour défendre la Cité. Ils étaient d'ailleurs responsables d'une des tours d'angle des remparts.

La première chose qui frappe dans le métier des merciers, c'est l'abondance des objets fabriqués et vendus.
Les merciers vendaient tellement d'objets différents que bien sûr ils ne pouvaient les fabriquer tous. Ils étaient obligés de passer par de nombreux autres métiers et on peut aisément imaginer que si les merciers, comme d'autres métiers y étaient parfois astreints, avaient été obligés de s'inscrire aux métiers qui leur fournissaient la marchandise, ils auraient été ruinés en peu de temps !

Voici d'ailleurs une liste d'objets qui vous donnera une idée d'ensemble : velours, rubans, cordons, draps d'or et d'argent, tissus, perles précieuses, broches, bibelots, boutons d'or, d'argent et de soie ; voilà pour le tissu, voyons maintenant ce qui concerne la cuisine : épices, miel, sirop, figues, raisins, fruits secs, couques, biscuits, bonbons, sucre, médicaments et autres produits pharmaceutiques, cire, savon; puis les bricoleurs : couleurs, colle, produits chimiques, teintures,



 

L'Epiphanie, la Saint Jacques, la Fête-Dieu et la Fête des Ecoliers étaient toutes quatre suivies de banquets officiels et de « récréation » comme on disait alors, beaucoup moins officielles. Située entre l'église Saint-André et la rue des Mineurs, la maison des Petites Balances (symbole repris sur le blason) accueillait les compagnons pour les banquets mais l'après-midi c'était les tavernes qui étaient les lieux privilégiés de la consommation (importante) de bière et ce, aux frais du métier.

 

Même si les merciers n'avaient pas de caisse de secours comme certains autres métiers, jamais ils ne laissaient à l'abandon un des leurs. Plusieurs fois, ils tirèrent d'embarras des compagnons en leur procurant une aide financière directe. C'est ainsi qu'un compagnon dépouillé de ses biens par les soldats français reçut du métier une somme de 20 florins. Le métier n'hésitait pas non plus à réduire les droits d'accès au métier lorsque l'artisan provenait d'un milieu défavorisé.

© J.Maréchal - Pixures