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Les maçons avaient le monopole du mesurage des pierres de taille arrivant par bateau ou autrement. Un expert était chargé de les vérifier et seulement après cet examen, on pouvait les décharger du ponton sauf, dit le règlement, «pour les pierres destinées à son Altesse Monseigneur le Prince-Evêque».

II ne faut pas croire parce qu'on était au Moyen Age qu'on pouvait construire n'importe comment. Une commission spéciale était chargée de vérifier les alignements des maisons, de trancher les conflits y relatifs. La commission visitait également les travaux de maçonnerie afin de voir s'ils étaient faits dans les règles de l'art.

Ceux qui faisaient appel aux maçons avaient des recours possibles contre les défauts de malfaçon. II existait même une sorte de réception provisoire du bâtiment et le client était protégé contre les vices cachés : «Le maçon qui accepte de faire une oeuvre d'importance devra se mettre au travail immédiatement et besogner continuellement, sinon le client pourra prendre d'autres constructeurs, et s'il arrivait par hasard que tous les maçons se récuseraient, le bourgeois pourra même s'adresser à des étrangers. Toute réclamation pour malfaçon devra être introduite dans l'année, sauf dans le cas où elle serait invisible et n'apparaîtrait que plus tard».

Faisaient partie du métier des maçons, les tailleurs et sculpteurs de pierre et marbre, maîtres de carrières, paveurs, chaufourniers et entrepreneurs de bâtisses. Les simples manœuvres faiseurs de mortier, épinceurs, etc. devaient acquérir la petite Rate du métier. Voici comment étaient définies à l'époque les compétences du métier des maçons : «II n'appartient pas aux maçons ou machons de tirer les blocs de carrières (carriers), ni de les décharger, ni de les travailler (tailleurs de pierre), ni de leur donner telle forme qu'on souhaite, ce qui regarde uniquement les sculpteurs. Ceux-ci sont chargés de les placer dans les édifices sans l'intervention des maçons, sauf pour y appliquer le ciment nécessaire. Ils ne s'occuperont pas davantage du cuivre et du fer qu'on entremêle parfois aux ornements des Eglises et des maisons, ainsi qu'on peut le voir à la Cathédrale (Saint-Lambert). II en sera de même du marbre et du jaspe dont on fait les statues, aires (pavements), bassins, tables, etc.».



 
Les marchands étrangers pouvaient débarquer sur le rivage des pièces taillées de pierre à condition de payer une taxe spéciale. Le bourgeois était soumis à la même obligation s'il recevait des pierres par bateau sauf dans le cas où il s'agissait de pierres brutes.
  Comme la majorité des métiers, les maçons versaient une partie de leur argent (droits payés par les apprentis ou les acquérants de la Petite Rate) pour l'entretien de la chapelle réservée à leur patronne, sainte Barbe.
Le métier acquit le 21 avril 1404 la maison de la Belle-Côte en Féronstrée, moyennant une rente annuelle.
© JF Demoulin - Médiévale Attitude