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Devant pareil argument, on fit venir les rewards de Huy, Tongres, Looz, Hasselt et St-Trond. Ils déclarèrent que le drap était mauvais et Wynand fut confondu. Son drap fut brûlé au Perron.
Les labels de qualité étaient exigés aussi bien de la part des tisserands que des teinturiers.
Voici ce que disent les règlements : «Tout tisserand devra apposer sa marque particulière (marque de fabrique) au commencement de chaque pièce de drap. S'il n'obéissait pas à cet ordre, il serait frappé d'amende, et celle-ci payée, il serait contraint d'attacher à la lisière du drap un Paternoster de plomb, afin que les Ewardeurs puissent toujours reconnaître la pièce litigieuse.
Les teinturiers devront imprimer leur marque sur le scel de plomb que le Métier leur délivrera. Si la teinture est jugée défectueuse, le teinturier sera tenu d'acheter le drap pour son usage personnel. En ce qui concerne les teintures autres que la Brunette, les Ewardeurs se rendront chez les teinturiers, au moins deux fois par semaine, pour y visiter les draps, d'abord tout blancs, puis teints. S'il sont bien teints, ils y apposeront leur marque».

Règle d'or des vieux métiers de notre Cité, nul ne pouvait s'enrichir aux détriments des autres. C'est la raison pour laquelle le métier refusait aux drapiers d'avoir plus de deux métiers à tisser.

Les trois plus importantes activités du métier étaient le tissage et le foulage du drap et sa vente. II y avait donc comme dans la majorité des métiers, les marchands et les travailleurs manuels, ceux-ci étant souvent confondus dans le cas des drapiers. Les activités secondaires étaient la teinturerie, le cardage, le filage et le peignage.

Chacune de ces activités était soigneusement réglementée afin de protéger le consommateur.
Le 26 novembre 1429 fut un mauvais jour pour H. Wynand, hallier. S. de Dolhain, gouverneur du bon métier de la draperie, avait appris par les rewards du métier que le drap du compagnon Wynand était mauvais. Le gouverneur l'avait fait saisir sur-le-champ. Wynand protesta. «Mon drap mauvais ? mais pas du tout, d'ailleurs, il porte le sceau de la draperie d'Eycke, je peux donc l'acheter ou le vendre !».



 

Au XIIIème siècle, deux halles étaient occupées par les marchands de drap. La première était située au Marché, rue Sainte-Ursule (près du Palais). Elle était réservée aux marchands étrangers et brûla complètement en 1734. L'autre halle était située en Féronstrée là où se trouve maintenant le Musée des Beaux-Arts. On y pesait et mettait en vente la laine venant de l'extérieur de la Cité et on écoulait les draps fabriqués en la Cité.

© J.Maréchal - Pixures
C'est en cette halle, gardée par un usinier en même temps peseur et mesureur d'étoffes que le métier se réunissait.
Comme bien d'autres métiers qui connurent la crise, les drapiers durent céder une partie de leur bâtiment qui connut une évolution assez originale. Au début, les drapiers étaient installés dans le quartier de la rue Hors-Château et le quartier qui s'étend de la rue Féronstrée au quai de la Batte (soit à l'est de l'actuel Ilot Saint-Georges).
 
 
© J.Maréchal - Pixures