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A sa mort, la maison irait au métier. C'était bien la peine de se quereller car quelques années plus tard, en 1468 exactement, la maison fut incendiée et rasée, subissant ainsi le sort de la Cité aux prises avec l'envahisseur et destructeur, Charles le Téméraire. Mais ce ne fut pas tout, en 1477, soit 9 ans après, Jacquemin le Corbesier, héritier de Dame Maroie, réclama l'emplacement. Les échevins évidemment ne purent accepter la requête puisqu'ils avaient déjà tranché dans cette affaire. Le terrain appartenait donc bien aux cordonniers. Il fut augmenté d'un terrain situé juste à côté.

La maison des cordonniers fut reconstruite et en 1598, elle portait l'enseigne du Vert Lion. On en trouve des traces écrites jusqu'en 1663. Au XVIIème siècle cependant, les corbesiers et les cordonniers se réunissaient ensemble au couvent des Frères mineurs.
Les corduaniers pouvaient travailler toutes les sortes de cuir : vache, veau, mouton, cheval. Cependant quand on amenait le cuir de cheval, les corduaniers ne pouvaient se servir les premiers : les corbesiers avaient un privilège primant le leur.
Les maroquiniers ne pouvaient pas acheter de la peau de maroquin qui provenait de l'extérieur de la Cité. S'ils le faisaient quand même, ils devaient indiquer à l'acheteur d'où cette peau provenait.

Les corduaniers ou cordonniers fabriquaient principalement les chaussures d'homme et les bottes. Ils utilisaient le cuir de veau, vache et mouton.

Dès le début du XIVème siècle, les cordonniers avaient un emplacement sur le marché de Liège, appelé d'ailleurs corduanerie. Y étaient installés les marchands de chaussures avec leurs produits.
L'autre conflit est né au sujet d'un testament fait par Jean d'Oupeye en 1462. D'après le testament, sa maison située place du Marché ( c'était la deuxième du pâté de maisons commençant au Braz et allant jusqu'à la rue des Mineurs) devait être léguée à sa femme ; un autre testament mentionnait le métier comme légataire. Les échevins de Liège, devant ce cas délicat, prirent le 6 mai 1462, la décision suivante : Dame Maroie, veuve de Jean d'Oupeye, jouirait de la maison, sa vie durant.



 

Au moment où nous avons parlé des fripiers, on a vu qu'un accord avait été passé entre eux et les corduaniers. Les fripiers pouvaient cependant vendre les souliers qui provenaient des Lombards (prêteurs sur gages). Même dans ce cas, les corbesiers tenaient absolument à apposer une marque spéciale sur les objets vendus. Le fripier qui s'y serait soustrait risquait la confiscation pure et simple.

 
 
© JF Demoulin - Médiévale Attitude