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d'ouvrages pourront acheter souliers fabriqués par des confrères qui n'ont pas autant de force et de besogne que les opulents. Toutefois, on ne pourra obliger le confrère à travailler en dehors de sa propre maison».

Non contents d'éliminer la concurrence à l'intérieur des murs de la ville, le métier désirait aussi éliminer la concurrence étrangère. C'est la raison pour laquelle les marchands étrangers étaient soumis à des tracasseries administratives. De toute façon, après quinze jours de commerce, ils devaient emporter toutes leurs marchandises.
Quant à la concurrence intérieure, elle était limitée par le nombre des travailleurs par atelier comme pour les tisserands et les drapiers, par exemple. Un maître ne pouvait avoir chez lui que trois serviteurs et un seul apprenti. Comme pour les autres métiers, il ne pouvait engager un valet que si celui-ci avait quitté officiellement son maître. Si le varlet travaillait à la pièce, il devait lui donner un renom de 8 jours, le double si c'était la veille d'un djama (fête officielle qui donne deux jours de repos ou, à l'époque, chômés - Pâques par exemple).

Le règlement stipulait qu'il fallait trois années d'apprentissage avant de pouvoir faire partie du métier mais si jamais on ratait le chef-d’œuvre, on devait attendre deux ans avant de se
Les corbesiers étaient unis avec les cordonniers et, bien sûr, leurs règlements étaient communs. Jusqu'au début du XVIème siècle, deux tiers des droits d'entrée étaient payés par les corbesiers, les cordonniers s'adjugeant le tiers restant. Les corbesiers confectionnaient des souliers de femmes et d'enfants à partir du cuir de cheval et du cuir corroyé. Les savetiers, quant à eux, travaillaient le vieux cuir et appartenaient également aux métiers des corbesiers.

Nous avons déjà vu plusieurs fois que la concurrence déloyale était interdite. II y a un autre aspect des métiers qui mérite d'être mentionné : la solidarité des compagnons. II est difficile, pour ne pas dire impossible, d'établir pour tous les métiers dans quelle mesure les règlements étaient respectés.
Voici néanmoins une disposition qui ne manquera pas de nous étonner tant de nos jours nous sommes éloignés d'un tel esprit : «Les maîtres les plus achalandés et les plus remplis
     

 
représenter à l'examen : «Les Enfants de Liège ayant appris leur métier à Bruxelles, Paris ou dans tout autre grande ville, seront dispensés de faire les trois années de stage, s'ils réussissent le chef-d’œuvre. Le candidat qui échouera à l'examen ne pourra se représenter qu'après deux ans».
Comme on vient de le voir également, la Cité de Liège n'était pas une ville isolée en Europe, puisque des conventions réglaient ce qu'on appellerait aujourd'hui l'équivalence des diplômes.
Les corbusiers acquirent une maison sur le Marché (au numéro 3) mais cette maison ne pouvait contenir qu'une quarantaine de personnes, aussi les compagnons se réunirent-ils au cimetière Saint-André, tout proche de leur local, pour procéder aux élections des maîtres du métier et aux distributions d'argent.