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  Plus question de boire un coup (ou plusieurs). Même les élus aux gros offices verront leur argent affecté à l'achat de mobilier destiné à garnir la chambre du métier. Là non plus, l'argent ne sera pas dépensé au cabaret. Pourquoi toutes ces économies ? Installés pour la plupart en Puits-en-Sock, c'est par le fleuve que les charliers recevaient les marchandises. Les bateaux accostaient à Liège et dès leur arrivée le compteur ou commis assermenté par le métier se rendait à bord pour vérifier les choses faisant l'objet du marché. Le compteur avait veillé à s'informer auparavant auprès des deux parties de la teneur du marché. C'est lui-même qui faisait la livraison auprès de l'acheteur. Pour sa peine, il recevait des aidants liégeois en fonction de l'importance de la marchandise. Il ne faut pas croire que l'office de comptage était attribué au hasard. En général, c'est au plus offrant qu'il était accordé car on pratiquait déjà les adjudications à cette époque. Comme dans beaucoup de corporations, on retrouve l'obligation suivante : « Un maître ne pourra attirer chez lui un ouvrier déjà occupé par un confrère. Il ne pourra employer l'ouvrier étranger que pendant quinze jours, encore est-il indispensable d'avertir les gouverneurs de son entrée dans l'atelier ».
Ce métier comprenait les charliers appelés aussi charrons (fabricants de roues de chars), les fustaillers, les cendriers (revendeurs de cendres), patiniers (fabricants de patins en bois destinés à fouler la terre, à surélever le pied pour éviter la boue ou la poussière, de patins à glace, etc.) et tourneurs à bois.

La particularité de ce métier est que pour les fustaillers-tourneurs, pas moins de 87 articles forment la liste des objets à réaliser par les artisans. On y trouve des tabourets, des pieux, des coffres, des semelles de bois, des jantes de roue, des avirons, etc. Plus le métier avait d'articles à réaliser et plus il avait de chances d'entrer en conflit de compétence avec un autre métier. A la Saint Jacques, au jour des Rois et après la rentrée de chacune des processions, plus questions pour les compagnons du métier des charliers de faire ripaille : on fera des économies.

 

 
 


© J.Maréchal - Pixures
 

© J.Maréchal - Pixures
   
Obligés de se prêter aux devoirs militaires, les charliers risquaient de perdre leur droit de vote pendant un an et même le droit d'exercer s'ils en venaient à oublier d'assister « au guait à leur tour ». Celui qui refusait les « corvées et autres nécessités du Bon Métier, tant en temps de guerre que autres temps », se voyait privé d'offices à perpétuité.